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envoi 17 mercredi 1 avril (1_informations COVID19)

 

 Plus de Temple pour prier !


Chères paroissiennes, chers paroissiens,

 

Comme pour les enfants ou les jeunes qui peuvent travailler avec leur prof par internet, nous sommes tout de même des privilégiés ! Pensons à tous ceux et celles qui sont en dehors de ces réseaux de communication. Malgré le confinement, nous sommes reliés à ceux qui sont proches, à ceux qui sont loin. Comment être attentifs les uns aux autres ?

J’ai reçu aujourd’hui par mail : « Hier matin  ne voyant pas les volets de notre voisin s'ouvrir nous avons prévenu la mairie qui a fait le nécessaire pour l'hospitaliser et mettre leur fille adulte handicapée au CHS de Sarreguemines ! Prenons surtout soin les uns des autres »

 Oui, soyons attentifs les uns aux autres.

 

Restons unis dans la prière

Bien fraternellement, Serge


De la part de Mgr Jean Pierre Vuillemin :
Concernant les Rameaux :

Beaucoup de chrétiens regretteront de ne pas pouvoir participer à la messe et de ne pas pouvoir ramener des rameaux bénis chez eux. Nous faisons une suggestion aux curés qui peuvent se procurer suffisamment de rameaux avant dimanche : les rameaux qu’ils auront bénis dimanche pourraient être conservés à la sacristie. Un petit brin serait donné aux chrétiens qui pratiqueront lors de la messe dominicale qui suivra la fin du confinement (à la sortie de la messe par exemple). Cette solution paraît être celle qui nécessite le moins de contacts durant le confinement.

Douze prêtres de notre diocèse ont contracté le COVID 19 dont trois sont hospitalisés.

Nous les portons dans notre prière.

Nous vous invitons à la plus grande prudence pour vous et pour les autres.

Avec mes fraternelles salutations.

+Jean-Pierre Vuillemin

Paul et moi nous vous demandons simplement de nous informer dans quelle église vous les déposez.

Nous confions au Seigneur l’abbé Bernard Hittinger décédé hier, ainsi que tous nos défunts.

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-Voici une proposition de Michel, sacristain et sonneur de cloche, d’Etzling pour la semaine Sainte :

Comme nous ne pourrons pas nous réunir pour les célébrations des offices de Pâques dans nos églises, nous pourrions nous unir par le son des cloches. Elles nous rappelleraient que c'est Pâques.

Je propose donc de les faire sonner comme si nous y étions.

Le jeudi Saint à 19h10, c'est à peu près l'heure du Gloria et les cloches s'envolent pour Rome. On sonne une volée pendant 3 mn, trois pour la trinité. Puis on les coupe jusqu'au samedi.

Samedi, veillée pascale, à 21h10 c'est à peu près l'heure du Gloria et les cloches reviennent de Rome. On sonne une volée pendant 3mn, trois pour la trinité.

Dimanche de Pâques, pour notre plus grande fête de l'année, à 11h02 on sonne pendant 7 mn. Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième.

 Pour les automates de commande des cloches, s’il y a un OPUS ou un BTE6 la programmation est facile à réaliser.

 Une proposition à laquelle je suis prêt à souscrire, merci Michel

 A tous les sonneurs : si vous avez des problèmes de programmation, nous avons notre technicien.

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- Prier ensemble pour nos malades. Proposition d’Anne

Je propose aux membres de la chorale de nous retrouver tous (virtuellement chacun chez soi, évidemment) jeudi soir vers 20h (heure de la répétition) pour un petit temps de prière (commune) pour ceux qui le peuvent et le veulent, afin de nous  porter mutuellement dans la prière. Mais j’ai pensé qu’il serait bon d’élargir cette idée à la communauté et donc à nos trois chorales. Alors si vous le voulez bien, faites passer le mot à vos choristes et unissons nos voix et nos prières et offrons nos cœurs à Jésus !  

A jeudi soir, donc chacun chez soi pour un petit temps de prière, chacun comme il voudra.

L’abbé Paul et moi nous nous associons à vous. Merci Anne pour cette coordination.

 

 

Le confinement et l'Exil à Babylone

 Philippe Gruson

 

Notre situation de confinement va durer encore bien des semaines, et nous empêcher de célébrer les fêtes pascales comme chaque année. Sans nos églises, nous avons une bonne occasion de relire l'expérience des Juifs exilés à Babylone, qui a duré 60 ans (597-538) !

 

De quoi les Juifs exilés ont-ils été privés ?

 

Environ 5000 juifs de Jérusalem et de Judée sont exilés par les Babyloniens après deux sièges : en 597, puis en 587.  Il y a la famille royale, les responsables religieux,  militaires et civils, et bien des ingénieurs, pour empêcher que la ville soit rebâtie (cf  2 Rois 24,19-16 ; 25,8-21).

Les prêtres et lévites ont emmené leur bien le plus précieux : des rouleaux des Ecritures. Il s'agit de récits anciens comme la Genèse et l'Exode et le récent Deutéronome (les discours de Moïse sur la Loi), mais aussi des écrits des prophètes (Amos, Osée, Isaïe, Jérémie), et des recueils de Psaumes.

 

Pendant ces 60/50 années d'exil, c'est l'absence du Temple de Jérusalem, centre de leur religion,  qui leur a le plus manqué. Les prêtres et les lévites ne célèbrent plus  de culte :  ni offrandes (végétales), ni sacrifices d'animaux pour les grands rituels  et fêtes liturgiques. Comment vivre désormais la relation avec le Seigneur ? Comment le louer, lui demander le pardon, lui rendre grâce ou le supplier ? Mais les prêtres et lévites ont aussi d'autres fonctions, tout aussi importantes : ils sont chargés d'enseigner la Loi de Moïse, pour que tous les Juifs vivent selon la volonté du Seigneur, dans son Alliance.

 

Qu'ont-ils découvert dans leur foi au Dieu unique ?

 

Le Dieu national n'est pas enfermé dans son petit pays de Juda. Ezéchiel voit la gloire de Dieu quitter le Temple et s'élever, du Mont des Oliviers, vers l'est, en Babylonie où se trouvent les exilés (Ez 10,18-19 ; 11,22-25). Dieu n'est pas prisonnier d'un temple : il s'est lié à un peuple, où qu'il soit. Le Dieu de Jérusalem va se manifester à Ezékiel en Babylonie, au bord du fleuve Kebar (Ez 1). Le lieu de culte est moins important que la relation avec son peuple.

 

Avant l'Exil, bien des prophètes avaient déjà insisté sur le vrai sens du culte, qui ne consiste pas seulement à accomplir des rites, mais à les vivre, intérieurement, en s'offrant soi-même avec les offrandes et sacrifices. Dieu regarde surtout le coeur des humains, plus que ce qu'ils peuvent lui offrir. Chez les prophètes, on trouve à la fois des encouragements à bien vivre le culte, mais aussi des dénonciations des rituels purement formalistes, qui n'engagent pas le coeur et surtout qui n'ont aucune conséquence dans les relations sociales. Comme si Dieu pouvait être trompé par les apparences de grands et beaux sacrifices ! Le Dieu d'Israël s'intéresse plus à la vie "profane" de son peuple qu'à ses liturgies.

 

Voici des critiques du "culte mensonger" par des prophètes d'avant l'Exil :

- Isaïe : 1,11-16 ;  - Jérémie : 7,21-22 ;  - Osée : 6,6 ;  - Amos : 5,22-25 ;  - Michée : 6,6-8.           

Avec l'Exil, privés de Temple, les Juifs sont bien obligés de revenir à l'essentiel de leur relation au Seigneur, en cherchant ce qu'il aime, ce qui lui plaît. Le culte devient alors totalement spirituel :  c'est une offrande de soi-même.


 

Des psaumes

 

Le Ps 50 exprime parfaitement ce sens spirituel du culte, avec ou sans rites, avec ou sans Temple, avec ou sans prêtres.  Dieu s'adresse à son peuple pour un jugement : deux groupes sont visés : les justes et les "impies".

- 1-7 : une théophanie devant Israël, qui a fait alliance au Sinaï (v 5-7)

- 8-15 : ceux qui accomplissent le culte sincèrement ne doivent pas oublier que

            a) tous les animaux sacrifiés appartiennent déjà à Dieu

            b) de toute façon, Dieu n'a pas besoin de manger de la viande !

- 16-21 : les mauvais Juifs récitent les commandements, mais sont voleurs et adultères !

- 22-23 : menace aux mauvais Juifs et promesse à ceux qui sont fidèles à l'Alliance, à la Loi.

            La relation à Dieu peut donc être vécue sans la médiation du sacrifice.

 

Le Ps 51, psaume de pénitence, aboutit, aux v.18-19, à la même expérience : Dieu regarde les coeurs, non les sacrifices. Mais l'addition des v. 20-21, après le retour d'Exil, justifie la reprise du culte sacrificiel au Temple, reconstruit après 515. Une autre belle prière, très semblable, se trouve dans le livre de Daniel (partie grecque) : 3,38-41. Le jeune Azarias, compagnon de Daniel, prie ce psaume utilisé par la diaspora juive de Babylonie, très loin de Jérusalem. On peut donc rester fidèle au Dieu de l'Alliance sans le culte du Temple.

 

Le sabbat et la synagogue, repères de la vie juive

 

C'est pendant l'Exil que les communautés juives ont inventé deux nouveaux moyens de se rassembler pour vivre leur foi : le jour du sabbat et les synagogues.  Avant l'Exil, "sabbat" signifiait la pleine lune (ex Amos 8,5 ; Os 2,13). Désormais, c'est tous les 7° jours ; l'origine du rythme de la semaine. N'ayant plus de lieu sacré (le Temple), les Juifs se sont donnés un temps sacré : la réunion de prière et d'enseignement du sabbat.

 

Pour cela, il fallait un lieu d'"assemblée " (en grec : synagogè) : la grande pièce d'une maison, puis un bâtiment construit exprès, pour les Juifs d'un quartier ou d'un village de Babylonie. On se réunissait autour des prêtres ou lévites qui lisaient les Ecritures, les expliquaient et indiquaient leur mise en pratique. Puis on chantait des prières : les Psaumes, louanges, actions de grâce et supplications. C'était aussi le temps du conseil pour organiser la vie de la communauté. Les autres jours, la synagogue servait  d'école pour les enfants et les jeunes.

Par nécessité, pour maintenir vivantes les communautés, les Juifs ont inventé le sabbat et la synagogue, qui sont restés, jusqu'aujourd'hui,  le coeur de la vie juive.

 

La Pâque, fête de famille juive

 

Et les fêtes ? Avant l'Exil, en dehors du 1er de chaque mois (la nouvelle lune), on montait au Temple pour les 3 grandes fêtes. Au printemps, la Pâque (et la semaine des Pains azymes) ; 50 jours plus tard, la Pentecôte  (Shavouot, "les 7 Semaines", le don de la Loi) et à l' automne, la fête des Tentes ou Cabanes (Soukkôt, le séjour au désert). Désormais, sans Temple, on ne célèbre plus que la Pâque, qui est une fête familiale : un "méchoui", l'agneau rôti. On y célèbre la libération d'Egypte, en attendant la libération de Babylonie. Le père de famille transmet l'expérience fondatrice d'Israël en racontant l'Exode aux enfants, au cours d'un joyeux repas nocturne. L'essentiel est célébré, même en pays païen, sans Temple.